Soutenance de thèse Iva Saban – Jeudi 2 décembre 2021 à 14h00 - Maison des Sciences de l'Homme (MSH) - Salle des thèses - Dijon

Publié : 29 oct., 17:20 dans Soutenances de thèse.

Basic processes in interference paradigms (fr. Processus basiques dans les paradigmes d'interférence)

Composition du Jury :

Maria Augustinova, Professeur des Universités, Université de Rouen Normandie (rapporteur)
Ludovic Ferrand, Directeur de recherche, Université Clermont Auvergne, Clermont-Ferrand (rapporteur)
Jan de Houwer, Full Professor, Ghent University
(examinateur)
Céline Lemercier, Professeur des Universités, Université Toulouse Jean Jaurès
(examinateur)
Bénédicte Poulin-Charronnat, Directrice de recherche, Université de Bourgogne (examinateur)
Mathieu Servant, Maître de conférences, Université de Franche-Comté
(examinateur)
James Schmidt, Professeur, Université de Bourgogne (directeur de thèse)

 


 

Résumé

Dans la tâche Stroop, les sujets prennent plus de temps pour nommer la couleur d’un mot incongruent (« rouge » écrit en bleu), que d’un mot congruent (« rouge » écrit en rouge). Ce phénomène est connu comme l’effet Stroop. Il est observé avec les mots de la langue maternelle ainsi qu’avec les mots d’une langue étrangère. L’objectif de cette thèse est d’étudier l’origine de cet effet dans le cas d’une langue moins maitrisée. Le premier composant de cet effet, appelé conflit stimulus est produit par la différence entre la signification du mot et sa couleur. Le deuxième composant, appelé conflit réponse provient du conflit entre les deux réponses possibles. La littérature suggère que ces deux conflits contribuent à l’effet Stroop et peuvent être étudiés séparément par la procédure de dissociation de la touche 2-en-1. Selon des théories du développement linguistique, un seul conflit devrait se produire pour une langue étrangère peu maitrisée. Cependant, la première expérience a montré la présence de ces deux types de conflit dans cette situation. Une série d’expériences a ensuite cherché à tester la présence de ces conflits dans le cas de mots issus d’une langue inconnue. Les sujets ont été entrainés avec des mots croates associés avec leur traduction et leur représentation sémantique. Les entraînements variaient dans leur structure (e.g., le type d’essai, le nombre de réponses alternatives, etc.), leur durée (de 32 à 576 essais) et le type de mots entrainés (mot désignant une couleur ou mot associé à une couleur). Suite à ces entraînements, les participants ont effectué la tâche Stroop. Nos résultats montrent un conflit stimulus au niveau du temps de réaction et un conflit réponse au niveau des erreurs dans le cas de la langue récemment apprise avec un entraînement optimal (Expérience 4, comparé aux Expériences 2 et 3 avec une phase d’entraînement plus courte). En revanche, aucun conflit n’a été observé avec les mots associés à des couleurs (Expérience 5 et 6). Cela signifie que lorsqu’ils sont suffisamment bien appris, les mots d’une langue inconnue peuvent influencer l’identification sémantique (conflit stimulus) et la sélection de réponse (conflit réponse).

Mots-clés : bilangue, l’effet Stroop, conflit stimulus, conflit réponse, l’apprentissage des mots, l’apprentissage d’une langue étrangère

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